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Archive for août 2008

Des actes de vandalisme comportant notamment une inscription nazie et un début d’incendie ont été perpétrés jeudi 21 août sur une mosquée à Meyzieu (Rhône).

Auparavant dans la nuit du 22 au 23 juillet, le chapiteau servant de mosquée provisoire, dans l’attente de l’achèvement des travaux de la Grande Mosquée de Saint-Etienne, a été détruit dans un incendie probablement accidentel mais dont le caractère criminel n’est pas totalement écarté.

Par ailleurs, Nouredine Rachedi, jeune informaticien de confession musulmane, a été violemment agressé dans la nuit du 23 au 24 juillet, dans le parc du campus de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. L’un de ses agresseurs, arrêté et mis en examen, se revendique de l’extrême droite.

Face à ces actes lâches et ignobles, le CFCM exprime sa condamnation la plus ferme et apporte son soutien et sa solidarité indéfectibles aux victimes.

Le CFCM, tout en saluant les efforts déployés par les services concernés dans la lutte contre la délinquance en général, tient à manifester son inquiétude face à la recrudescence des actes à caractère raciste.

Le CFCM appelle au renforcement de la prévention et à la très grande vigilance. Il exhorte les pouvoirs publics à tout mettre en œuvre afin d’arrêter les auteurs de ces actes et de les juger avec la plus grande fermeté.

Paris, le 23 août 2008
Mohammed MOUSSAOUI
Président du CFCM

Source : introuvable. Merci de me l’envoyer par commentaire si l’un d’entre vous retrouve la publication de ce communiqué.

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Mercredi 20/08/2008 | Posté par Idir Hocini

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, Nouredine Rachedi s’est fait agresser par deux néo-nazis parce que musulman. INTERVIEW EXCLUSIVE.

 

Que vous est-il arrivé ?

Je rentrais chez moi, je coupe comme d’habitude par le parc de Guyancourt, dans les Yvelines, il est environ une heure du matin. Je croise deux individus, l’un d’eux m’interpelle et me demande si j’ai une cigarette, je la lui refuse. Ensuite il me demande si je suis musulman, je réponds que oui. Il me demande depuis combien de temps je suis en France, je lui réponds depuis que j’y suis né et que j’y ai grandi, et quand je lui demande pourquoi il me pose toutes ces questions, son deuxième copain me dit : « C’est parce qu’on est des nazis. » Il me demande ce que je pense de la Yougoslavie (ndlr : quelques jours après l’arrestation de Radovan Karadzic). Je lui dis que je suis fatigué et que j’ai envie de rentrer chez moi et de toute manière, si je réponds, je leur demande s’ils vont me casser la gueule ? Il me répond que c’est possible et me redemande ce que je pense de la Yougoslavie. Je lui réponds que je ne sais pas et c’est à ce moment là que la mise à tabac à commencer.

Est-ce qu’on peut qualifier cet acte d’islamophobe ?

Absolument, pour moi, ça ne fait aucun doute. Mais dans la plainte que j’ai déposée quelques heures après, il n’était fait mention que de violence volontaire aggravée en groupe, ce qui était un peu surprenant pour ma part.

Les policiers n’ont pas retenu l’acte raciste ?

Absolument pas. Pas au début.

Vous avez insisté pour que ce soit le cas ?

Trois jours après, lorsque je leur ai remis le certificat médical de l’unité médico-légale, celle qui délivre l’incapacité totale de travail (ndlr : 21 jours d’incapacité de travail suite à son agression) au niveau juridique, j’ai demandé la requalification de la plainte. Ils m’ont dit que ce n’était pas de leur ressort, qu’il fallait pour cela que j’adresse une demande au procureur de la République, ce que j’ai fait.

Vous pensez qu’ils ne vous ont pas cru quand vous avez parlé d’un acte à caractère raciste ?

Je ne sais pas, c’est vrai que cette histoire, même moi, j’ai du mal à y croire. Par contre, dans les faits que j’ai exposés, je ne sais pas pourquoi ils n’ont pas voulu les qualifier directement de violence volontaire aggravée. [Note : Je voulais dire « je ne sais pas pourquoi ils n’ont pas ajouter la circonstance aggravante « en raison de l’appartenance à une religion réelle ou supposée » « ]

Pardonnez mon ignorance, mais quand quelqu’un se fait agresser, généralement, on retient ce type de qualification immédiatement, ou seulement après une enquête ?

Moi aussi, j’étais ignorant par rapport à tout ça, mais en me renseignant, il se trouve que compte tenu de ma déclaration, elle aurait dû être qualifiée d’« avec appartenance à une religion réelle ou supposée » comme circonstance aggravante. A cela, s’ajoute le fait que j’ai reconnu un de mes deux agresseurs sur le fichier qu’ils m’ont présenté. Les policiers savaient que celui que j’avais reconnu était quelqu’un de connu pour ses positions d’extrême droite, voire nazies.

Ils ont interpellé l’un de vos agresseurs présumés, ils ont retrouvé de la documentation nazie chez lui, donc visiblement, ça concorde, mais la personne nie complètement les faits…

Oui, bien sûr, il nie complètement les faits, donc pour l’instant, ça reste parole contre parole.

Comment ça se passe lorsque c’est la parole de l’un contre celle de l’autre ?

Une information judiciaire est ouverte. Le magistrat a décidé de sa mise en examen, il a considéré qu’il avait suffisamment d’éléments dans ce dossier pour le placer en détention provisoire. On va laisser l’instruction suivre son cours.

Vous vous sentez comment maintenant ?

Physiquement, j’ai toujours un peu mal au dos, quand je m’allonge, un petit peu mal aux côtes, mais c’est normal, ça prend un peu de temps. Au niveau psychologique, je tourne beaucoup le film dans ma tête et puis en même temps, j’essaie de faire un petit peu le deuil de ça.

Qu’est ce qui fait le plus mal, l’agression physique en tant que telle, ou ce qui l’a motivée, votre confession musulmane ?

Les deux, en fait. D’abord, les coups restent des coups, donc peu importe les raisons pour lesquelles on se fait agresser. Si je m’étais fait agresser pour une affaire d’extorsion de carte bleue ou de code, ça aurait été aussi traumatisant. Par contre, c’est clair que le fait d’avoir été agressé parce que je suis musulman est quelque chose d’un peu plus traumatisant, parce que là, on touche à une composante identitaire qui est importante. C’est pourquoi d’ailleurs, la loi reconnait le motif de l’appartenance à une religion réelle ou supposée comme une circonstance aggravante.

Vous pensez qu’il y a une montée d’un sentiment anti-islam en France ?

Je n’ai pas eu besoin de cette agression pour penser qu’il y avait une montée et une normalisation de l’islamophobie en France. En revanche, il y a une chose qui me marque dans cette agression, c’est, en plus du fait que je sois musulman, cette espèce d’interrogatoire de mes agresseurs : « depuis combien de temps êtes-vous en France ? », etc. C’est assez caricatural, c’est vrai, mais c’est assez révélateur. Il se trouve que je suis français et que je n’ai pas hésité à porter plainte, et ensuite à vouloir aller jusqu’au bout. Si j’avais été étranger, comment ça se serait-il passé ? Et si j’étais un sans-papier ? Je me serais fait agresser et ensuite je serais rentré chez moi et j’aurais tout fait pour qu’on ne parle pas de moi. Je pense très fort à tous ces étrangers qui quotidiennement subissent des vexations et des humiliations. Ça doit être très dur pour eux, mon père était étranger et je pense à eux en ce moment. Aujourd’hui, je n’ai aucune rancœur mais j’ai envie de dire, il y en a marre ! Un moment, on doit être capable d’entendre qu’il y a une victime qui s’est fait passer à tabac à cause de sa confession. Il y en a mare de ce contexte d’islamophobie généralisée.

Vous vous sentez en sécurité en France ?

Oui, je ne vais pas tomber dans la psychose.

Votre agression c’est déroulé le 25 juillet, les médias n’en parlent que depuis deux semaines. Les journalistes ont-ils bien fait leur boulot ?

Il y a eu un temps entre le moment de l’agression et celle ou j’ai fait connaitre cette histoire : 12 jours. Il y a eu un emballement dans la presse, les journalistes ont plutôt bien joué le jeu, je suis agréablement surpris. J’ai pu bénéficier du soutien de beaucoup d’associations de lutte contre le racisme, notamment la Ligue des droits de l’homme qui s’est portée partie civile dans mon affaire.

Les nazis sont de retour ?

Ils n’ont jamais disparu. Ce ne sont pas des groupes très forts et très structurés, mais les idées de la droite national-socialiste restent encore présentes malheureusement. Ceux qui sont sensibles à ce genre d’idéologie doivent être combattus dés lors qu’ils passent à l’acte comme ce fut le cas avec moi. C’est important d’adresser ce message fort.

Propos recueillis par Idir Hocini

 

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Dans la nuit du jeudi 24 juillet au vendredi 25 juillet, Nouredine Rachedi, 30 ans, rentre chez lui à Guyancourt (Yvelines). Il est un peu plus d’une heure du matin quand deux individus lui barrent la route. Puis le tabassent parce qu’il est musulman. Nouredine revient pour Al-Kanz sur cette agression islamophobe.

Al-Kanz : Pourriez-vous en quelques mots revenir sur votre agression ?

Nouredine Rachedi : Je rentre chez moi comme souvent en passant par le parc des sources de la Bièvre à Guyancourt. Un individu, après m’avoir demandé une cigarette, me demande si je suis musulman. Je réponds oui. S’ensuit un interrogatoire : “Depuis combien de temps tu es en France ?”. Je lui réponds que j’y suis né et que j’y ai toujours vécu. Il me demande ensuite ce que je pense de la Yougoslavie. Je lui demande pourquoi veut-il savoir tout cela. Son copain s’approche de moi, puis me répond : “Parce que nous sommes des nazis”, puis me redemande ce que je pense de la Yougoslavie. Je réponds : “Si je dis ce que je pense, vous allez me tabasser ?” Il me répond : “C’est possible. Que penses-tu de la situation en Yougoslavie ?” Je lui dis alors que je ne sais pas. C’est à ce moment précis que le tabassage a commencé.

 

Al-Kanz : On vous a donc passé à tabac parce que vous êtes musulman.Absolument. Cela ne fait aucun doute pour moi. Il s’agit bien d’une agression à caractère islamophobe. D’ailleurs, la deuxième question : “Depuis combien de temps tu es en France ?” est révélatrice de l’état d’esprit de ces jeunes qui se revendiquent nazis. Etre musulman, pour eux, c’est forcément être étranger. C’est d’ailleurs un état d’esprit qui dépasse de loin les groupuscules d’extrême-droite, l’islamophobie se normalise de jour en jour en France, c’est une réalité.

Nouredine Rachedi :

Al-Kanz : Vous avez déposé plainte. Est-ce que la police a tenu compte du caractère raciste de l’agression ?

Nouredine Rachedi : Non, elle n’en a pas tenu compte. Elle a relevé ma déposition dans laquelle j’expose les faits que je viens de vous relater, mais la police a qualifié l’affaire en tant que “violences volontaires aggravées en groupe”. Trois jours après, j’ai demandé à ce que le caractère raciste soit ajouté comme circonstance aggravante supplémentaire, mais ils m’ont invité à saisir le procureur qui seul est habilité à procéder à la requalification. C’est ce sur quoi nous nous penchons actuellement avec mes avocats. Le commissariat de Guyancourt, qui m’a convoqué une nouvelle fois hier pour me présenter d’autres photos, m’a assuré que la police prenait l’affaire très au sérieux et que l’agresseur que j’ai identifié allait être interpellé dans les prochains jours.

Al-Kanz : Avez-vous reçu des soutiens d’organisations anti-racistes ? J’ai reçu le soutien d’organisations comme les indigènes de la République qui ont relayé l’histoire à bon nombre de réseaux tels bellaciao, rezo.net. Quant à la LDH, le Mrap et SOS Racisme, nous essayons de les joindre pendant cette période estivale. Je souligne que je ne me fais pas trop d’illusion pour SOS Racisme. J’ai bénéficié de l’appui du réseau “Les Dérouilleurs”, particulièrement de son fondateur Zoubair Ben Terdeyet qui m’a ouvert son carnet d’adresses. J’ai été très touché par son soutien et son engagement à mes côtés. Cela m’a permis d’avoir des interviews dans la presse, de recueillir d’innombrables messages de soutien, parmi lesquels ceux de citoyens français de confession musulmane qui me relatent des faits similaires à mon agression, mais classés sans suite à cause de l’inertie des services de police. Enfin, des associations comme le Collectif des musulmans de France se sont rapprochés de moi.

Nouredine Rachedi :

Al-Kanz : Quelles suites comptez-vous donner à cette affaire ?Je compte aller jusqu’au bout afin que mes agresseurs soient retrouvés et jugés pour les faits qu’ils ont commis. Je veux que le caractère islamophobe de cette agression soit reconnue. Je veux oeuvrer à une prise de conscience des mentalités pour que les gens sachent qu’il est possible de se faire agresser dans ce pays uniquement en raison de son appartenance à l’islam. C’est cette reconnaissance qui, petit à petit, permettra à toutes les victimes d’islamophobie d’obtenir justice en tant que citoyens.

Nouredine Rachedi :

Al-Kanz : Pour finir, pourriez-vous nous dire dans quel état vous êtes aujourd’hui ? Je vais beaucoup mieux, physiquement et moralement, que les deux premiers jours qui ont suivi mon agression. Mon dos me fait beaucoup moins mal. J’ai toujours des peurs quand je marche dans la rue et quand j’aperçois quelqu’un qui a le profil d’un de mes deux agresseurs. Les nombreux messages de soutien que j’ai reçus m’ont apporté une énergie inestimable et ont levé les premiers doutes que j’avais sur la nécessité d’initier une action.

Nouredine Rachedi :

Source : http://www.al-kanz.org/2008/08/07/islamophobie-nouredine-rachedi/

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Après le soutien apporté la semaine dernière par la Ligue des Droits de l’Homme qui se constituera partie civile, c’est au tour du Collectif Contre l’Islamophobie en France de se constituer partie civile dans l’affaire de mon agression islamophobe. J’en profite pour remercier ces deux organisations à travers les personnes de Michel Tubiana et Samy Debah.

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Agressé par le fait qu’il soit musulman, d’ailleurs comment vérifier sa religiosité? A moins d’être le secrétaire ou l’associé d’Allah. Rachedi Noureddine ressent, malgré le fait qu’il soit né en France, qu’il ne sera jamais citoyen à part entière et égal à ceux qu’il a peut-être défendu…

Quand la France, toutes analystes de sociologie et autorités confondus, se questionne sur les raisons réelles des violences urbaines signées par toutes les communautés banlieusardes, elle ne constate pas les pires plaies et souffrances de ce petit peuple relégué loin des feux de la rampe. Elle ne relève pas les disparités entre les communautés dont la citoyenneté des uns dépasse celle des autres. Elle ne voit pas les sources de frustrations et les plaies qui allaitent, de sève nourricière, les séditions des oubliés du ghetto.

Les différences de traitement des victimes de violence, pourtant justiciables d’une même république, condensent les colères qui éclatent le jour où une autre goutte, de plus et nouvelle, vient faire déborder les vases en tensions sociales. L’incivilité est bien là où on ne la diagnostique pas. L’autisme pour des malheurs communs est la pire surdité de ceux qui refusent d’entendre.

Dans l’affaire de Rudy, membre d’un gang, ayant participé à des affrontements et sous contrôle judiciaire, qui a été agressé dans le 19e à Paris le 21 juin, la mobilisation des enquêteurs et des médias a été large et même vive. Après quelques tergiversations, la justice a qualifié l’agression de ce jeune de 17 ans d’acte antisémite. Et l’antisémitisme existe et est intolérable.

Le cas dans ce sujet est, on dirait, celui d’un chien sans collier égaré puis écrasé par un wagon sans conducteur. L’indifférence totale des intellos épris d’asséner par leurs opinions que le Bio est l’actu primordiale et la Chine un merdier scandaleux ! Il s’agit de Noureddine Rachedi tabassé entre la nuit du 24 au 25 juin, un statisticien de 30 ans ressortissant de Guyancourt, dans les Yvelines.

Où est la TV qui a défendu Rudy ?

Le patronyme de ce sous-citoyen à consonance similaire avec celui de l’officielle et silencieuse Fadéla Amara, chargée des quartiers dits « sensibles » ainsi que celui de l’oublieuse (vacances obligent) Madame la garde des Seaux, est celui d’un administré, dernier-né des générations maghrébines.

Ce soir-là, Noureddine Rachedi, descendant du train Paris/Saint-Quentin avant 1 heure du matin, coupe par le parc de l’université de Guyancourt, le raccourci fatal, pour rentrer chez lui. Il croise deux individus. L’un d’eux, avec ton très sec, lui demande une cigarette. Puis le questionne : « s’il est musulman ? » Noureddine répond par l’affirmative. L’agresseur continue  : « Depuis combien de temps tu es en France ? » Noureddine réplique qu’il y est né et qu’il y a toujours vécu. L’individu lui demande alors ce qu’il pense de la situation en ex-Yougoslavie, quelques jours après l’arrestation de Radovan Karadzic, ex-dirigeant des Serbes de Bosnie, accusé notamment d’avoir organisé le massacre de 8 000 musulmans à Srebrenica. Noureddine Rachedi ne comprend pas pourquoi on lui demande ça ? La réponse est claire : « Parce que nous sommes des nazis. » Ils mettent fin à la conversation et le tabassent à deux. Une fois terminé  : « Ça y est, c’est bon, on se casse ! », lâche l’un des deux individus.

L’agression comporte plusieurs coups de pieds sur l’ensemble du corps et sur la tête. La victime se relève et craignant qu’ils ne reviennent, elle se rend en courant sur le boulevard Beethoven. Et téléphone immédiatement aux pompiers qui la transportent aux urgences. L’unité médico-légale de Versailles lui diagnostique des plaies au crâne, plusieurs hématomes sur le corps et le visage, et un pneumothorax (déplacement du poumon). Et lui prescrit vingt et un jours d’incapacité temporaire de travail (ITT).

Le lendemain, le 25 juin, Noureddine dépose plainte auprès du commissariat. La police qualifie l’affaire de « violences volontaires aggravées en réunion ». Grâce à des photos, Noureddine identifie l’un de ses agresseurs. Un jeune de 18 ans connu, lui aussi, des services de police comme l’agressé du 19e arrondissement parisien, par la police pour des actes de violences et militant d’extrême droite. Lors d’une perquisition de sa chambre, les policiers ont trouvé « deux armoires pleines de documentations nazies ». Le second agresseur est toujours recherché.

Trois jours plus tard, la victime revient au commissariat demander pourquoi le caractère raciste n’a pas été retenu sur sa plainte. La police lui indique qu’il faut en faire la demande auprès du procureur. Est-ce obligatoire ? Cette qualification relève-t-elle uniquement d’une décision de la magistrature ? Seuls les critères de « violences volontaires avec incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours et commises en réunion » et avec « circonstance aggravante en relation avec l’appartenance supposée ou réelle à une religion », ont été retenus.

Selon son avocat, deux hypothèses justifieraient le fait que la police n’ait pas relevé le caractère raciste qui est une circonstance plus aggravante dans ce type de cas. « Il est possible que la police reste très précautionneuse avant de qualifier un acte de raciste, par peur de porter cette responsabilité. Elle peut également subir une certaine pression, et ne veut pas que les statistiques d’agressions racistes augmentent. »

Devant ce « deux poids, deux mesures », l’agressé trouve écho qu’auprès des cercles communautaires pour se faire entendre. Il reçoit le soutien des Indigènes de la République, association dénonçant le racisme postcolonial. Et choisit de s’exprimer sur un forum de même type.

C’est ainsi que les replis communautaires se multiplient et foisonnent. L’asymétrie entre la relative indifférence qui entoure l’affaire de Noureddine Rachedi et le traitement réservé à l’agression, qualifiée d’antisémite par le parquet, du jeune Rudy, n’est pas si difficile à relater.

La voie qui alimente les futures émeutes des perclus de la citoyenneté républicaine se dessine, de cette manière, à entendre certains et à mépriser d’autres. L’incivilité de ne pas protéger par une justice impartiale, équitable et républicaine tous les Français, accorde des largesses pour que l’islamophobie devienne institutionnelle. Et dans ce cas, admise par un silence des philosophes et autres médiateurs, elle semble bien structurelle.

Source : http://www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=43210

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Où sont les médias et les politiques français ? Pourquoi cette affaire n’a pas fait la une des informations ?

Dans la nuit du jeudi 24 juillet 2008 au vendredi 25 juillet 2008, descendant du train Paris-Saint Quentin et devant rentrer à pied chez moi, je décide de couper par le parc de l’université. C’est alors que je croise sur ma route deux individus qui m’accostent pour me demander une cigarette. Je leur explique alors qu’il me sera difficile de leur en donner car il ne m’en reste presque plus. Le premier s’approche de moi et me demande si je suis musulman. Ce à quoi je réponds, oui . Il me demande ensuite depuis combien de temps je suis en France. Je lui réponds que je suis né en France et que j’y ai toujours vécu. Intrigué par ces questions, je lui demande pourquoi il veut savoir tout ça. Le second s’approche alors de moi et me répond « Parce que nous sommes des nazis ». Il me demande ensuite ce que je pense de l’état de la Yougoslavie. Ce à quoi je lui réponds : « On ne se connaît pas, je suis fatigué, je veux rentrer chez moi. De toute façon, vous avez envie de me casser la gueule, c’est ça ? « . « C’est possible » me dit-il. « Mais que penses-tu de ce qui se passe en Yougoslavie ? « . Je réponds que je ne sais pas. Soudainement le premier d’entre eux me porte un coup de poing au visage. Je tombe à terre et là ils commencent à m’administrer une série de coups pieds sur l’ensemble du corps et de la tête. Je me protège comme je peux , en me recroquevillant sur moi-même, mes mains me couvrant la poitrine. L’action est très rapide. J’entends l’un d’entre eux déclarer : « C’est bon, on se casse ». Me relevant et craignant qu’ils ne reviennent je me rends en courant sur le boulevard Beethoven. Vu mon état je téléphone immédiatement aux pompiers qui une fois sur place me transporteront aux urgences.

Au bilan, j’ai deux plaies au crâne, sept points de suture, des hématomes au visage et dans le dos, et un pneumothorax traumatique (un poumon légèrement perforé par une côte). Les gestes usuels tels que s’asseoir, se relever ou s’allonger me demandent des efforts pénibles. Après examens à l’unité médico-légale des Yvelines, une incapacité totale de travail au sens pénal de 21 jours a été prononcée. Je me sens encore choqué par l’agression, je n’arrête pas d’y penser et de me repasser le film dans ma tête. Malgré mes peurs j’ai néanmoins porté plainte car je suis très attaché à ce que le caractère raciste de cette agression soit reconnu.

Parti écologique ivoirien

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Le Crif solidaire après l’agression d’un musulman
Mounir SOussi
QUOTIDIEN : vendredi 15 août 2008

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a tenu hier à manifester «sa solidarité avec Nouredine Rachedi, jeune informaticien qui a été l’objet d’une violente agression le 24 juillet» à Guyancourt , dans les Yvelines (Libération du 8 août).

Cette nuit là, deux hommes qui se sont présentés comme des «nazis» ont interpellé Nouredine Rachedi et lui ont demandé s’il était musulman. Nouredine Rachedi, qui rentrait tranquillement chez lui par un parc, a répondu oui. Et s’est retrouvé, à terre, roué de coups. Résultat : il s’est vu prescrire vingt jours d’interruption temporaire de travail (ITT).

Mardi, un homme de 18 ans a été mis en examen et incarcéré pour «violences volontaires commises en réunion avec circonstance aggravante en relation avec l’appartenance supposée ou réelle à une religion». Lors du dépôt de plainte, les policiers n’avaient pas retenu cette qualification.

Le Crif «se félicite que l’un de ses deux agresseurs qui se revendique d’extrême-droite ait été mis en examen». Et ajoute qu’il «entend dénoncer avec la même fermeté toutes les formes de racisme, qu’elles visent des musulmans, des juifs, des Noirs ou qui que ce soit».

Cette agression avait suscité un débat sur la toile, sur le traitement supposé «biaisé» des «actes islamophobes», dans les médias.

© Libération

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