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Vous pouvez me contacter en m’écrivant à l’adresse suivante : collectifsoutien.nouredine@yahoo.fr

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Après le rappel des faits de mon agression par la présidente, parole à été donnée aux prévenus. Ils ont persisté à nier, le 1er ne cachant pas ses convictions nationalistes mais pas nazis, le 2nd reconnaissant des convictions ni nationalistes ni nazis. Les 2 se défendant de tout racisme dans leurs convictions. Ils ont répondu aux questions de la présidente sur les faits, mais aussi sur d’autres faits de violence sur lesquelles les prévenus ont depuis été condamnés (chose qui n’avait pas été faite en 1er instance où la présidente précédente ne voulait pas entendre parler de ces autres affaires).

Parole m’a été donnée pour que je raconte mon agression (chose qui n’avait pas été faite en 1ère instance). Puis j’ai répondu aux questions de la présidente sur les doutes que j’avais émis pour l’identification de mon second agresseur. Doutes qui, comme je l’ai rappelé, s’expliquaient par le fait que j’avais changé de travail et que j’essayais de ne plus repenser à cette agression. Le Presidente m’a demandé pourquoi j’ai répondu aux premières questions de mes agresseurs (cad : es-tu musulman ? Depuis combien de temps es-tu en France ?)
J’ai répondu que je m’autoformais à des techniques de communication non violente. Que c’était une manière pour moi d’essayer de désamorcer risqua situation. « Aviez-vous eu peur dès le début des questions ? » Oui, j’avais peur depuis le début lui ai-je répondu. Elle m’a demandé si je travaillais en ce moment. Oui, depuis début mai, lui ai-je répondu.
L’avocat de mon second agresseur m’a ensuite demandé si je connaissais avant les deux prévenus. Non lui ai-je répondu. « répondez à la présidente s’il vous plaît ». Non, ai-je répondu à la présidente. Ensuite, mes avocats Maître BRAUN et Maître GAFSIA ont plaidé pour mes intérêts. Puis l’avocat de la LDH, Maître MONTASSIER, a plaidé en tant que partie civile.

Ensuite, l’avocat général a exprimé son étonnement quant au jugement prononcé en 1ère instance. Il a pointé les contradictions dans les motivations qui ont amené à la relaxe de mes deux agresseurs au bénéfice du doute. Il a même dit qu’il avait l’impression qu’il m’était reproché, dans ce 1er jugement, les doutes que j’avais émis pour l’identification de mon second agresseur. La culpabilité ne fait aucun doute pour lui, il a requis les mêmes peines qu’en 1ère instance (18 mois dont 12 avec sursis pour les 2, obligation de soins pour le 1er). Et il a demandé en plus la privation des droits civiques pendant 5 ans pour les 2.
Les avocats de la défense ont pris la parole. Ils ont exprimé leur mécontentement face aux réquisitoires de l’avocat général, ont tenté de semer le doute en isolant les faits, ont invoqué la présomption d’innocence que j’aurais bafoué, tout en ne remettant pas en cause ma probité et en condamnant l’agression inadmissible que j’avais subi.

Enfin, parole à été redonnée à mes agresseurs, qui nient cordialement être les auteurs de mes agressions.

Jugement en délibéré le mardi 3 juillet.

Un grand merci à tous mes avocats, à ma famille, à mes amis, à mes frères et sœurs.
Pensée à mon père (Allah rahmou), à ma mère. Et pensée à toutes les victimes qui n’osent pas porter plainte et qui continuent à souffrir en silence. Merci à celles et ceux qui sont venus me témoigner leur soutien par leur présence pendant les deux audiences. Et merci à tous les citoyens et sous-citoyens de quelque confession ou pas qui m’ont exprimé leur chaleureux soutien.

Dieu merci que je sois musulman, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.

C’était la deuxième interview radio que je donnais. La première interview s’était plutôt bien passée. Je m’étais juste contenté de rester sur les faits. Je m’étais juste contenté de dire que la première qualification de ma plainte déposée dès le lendemain de mon agression ne faisait pas mention de la circonstance aggravante de racisme. Ou, plus précisément, de la circonstance aggravante suivante : « en raison d’une appartenance à une religion réelle ou supposée ».

Je venais juste de poster des documents pour mes avocats. A la sortie du bureau de poste, mon téléphone sonna. C’était pour donner une interview en direct sur Radio Bleue (comme mon œil droit à l’époque). Il me fallait absolument trouver un endroit calme afin de donner l’interview dans de bonnes conditions. J’aperçus une cabine téléphonique dans laquelle je me réfugiai. Ouf, ça y est. Voilà que j’étais en direct.

« Un jeune musulman raconte son agression dans les Yvelines. Avec nous en direct, Nouredine RACHEDI.

Nouredine RACHEDI bonjour ! Pouvez-vous donc nous raconter ce qui vous est arrivé dans la nuit du 24 au 25 juillet dernier, c’est bien ça ? »

C’était bien cela. »

Je raconte les faits tels que je les avais racontés au commissariat, c’est-à-dire tels qu’ils se sont produits. En répondant, j’ai donc affirmé : « le premier me demande si je suis musulman. Je réponds oui. » J’ai déroulé le reste du court interrogatoire digne d’un contrôle au faciès des plus caricaturaux (et sans récépissé).

Puis vient la seconde question qui m’a littéralement assommée : « Donc selon vous, il s’agit d’une agression raciste ? »

Stupeur ! 1 seconde de silence pendant laquelle des tas de pensées se bousculaient dans ma tête. Il y avait l’adrénaline. Il y avait la peur de répondre à côté. Il y avait la nécessité de répondre vite. Tiens… Ca me rappelle il y a encore quelques jours lorsque je devais répondre sous la tension que mes agresseurs avaient instauré afin de mener leur interrogatoire. Bien sûr, j’étais un peu plus en sécurité dans cette cabine téléphonique que dans ce parc des sources de la Bièvre. Mais il fallait répondre. Alors, sous l’urgence :

« Selon moi ? S’agit-il d’une agression raciste ? Mais c’est évident ! C’est même tellement évident pour moi que je ne comprends pas comment cela ne puisse pas être évident pour vous !

–          Nous posons seulement la question pour nos auditeurs, reprit le journaliste

–          Et je réponds seulement à vos auditeurs. Mais pour vous ? C’est évident ? lui demandais-je

–          Je suis là pour poser les questions, me répondit-il de façon si prévisible

–          Je suis là pour vous dire que votre question est violente pour la victime de l’agression raciste et islamophobe que je suis. Mais nous ne sommes pas obligés de poursuivre, si l’interview prend cette tournure. »

Mon Dieu ! Mais qu’est-ce qui me prend ? J’ai la chance d’avoir une interview, et moi, je m’auto-sabote ainsi ? …. Oh et puis zut ! Rien à foutre ! Et la sacro-sainte parole de la victime, pourquoi n’y aurais-je pas droit, moi ?

Le journaliste reprit ainsi la main :

–          Très bien, nous allons poursuivre l’interview, cela devrait bien se passer, asséna-t-il avec beaucoup d’assurance

–          Cela devrait bien se passer, répondis-je, en tentant de me calmer. »

L’entretien s’est poursuivi tant bien que mal. J’aimerais beaucoup retrouver cette interview pour vérifier si tout s’est déroulé comme je le raconte, en sollicitant ma mémoire quatre ans après. Oui, juste pour vérifier. Vérifier la violence de cette première question. Est-ce bien cette question-là qu’il a osée me poser ?

Après trois et demi de procédure, c’est mardi prochain que se tiendra le procès en appel des agresseurs de Nouredine Rachedi, le jeune homme sauvagement frappé parce qu’il était musulman. Le 14 février dernier, en première instance, c’était « au bénéfice du doute » que les agresseurs avaient été relâchés, laissant à Rachedi, profondément traumatisé par l’agression, un gout amer d’injustice. Jugés pour « violence en réunion à raison de l’appartenance religieuse », les deux jeunes hommes sont proches de groupuscules extrémistes. S’ils nient l’agression de Nouredine Rachedi qui les a pourtant formellement reconnu, l’un d’eux a déjà été mis cause à plusieurs reprises pour agression.

Nouredine Rachedi a fait appel et reçoit tout le soutien du CCIF, qui s’était constitué partie civile à ses côtés.Mais il a besoin de vous !

 N’hésitez pas à relayer l’information sur Twitter et sur Facebook en lui apportant votre soutien.

Et surtout, allez le soutenir le mardi 12 juin à 14h lors du procès qui se déroulera à la Cour d’Appel de Versailles, 5 rue Carnot 78000 Versailles (située aux grandes écuries de la Reine, à deux pas du château du Versailles)

Twitter : https://twitter.com/#!/nrdin

Site internet : https://justicepournouredine.wordpress.com/

Source : CCIF

Communiqué de presse

Le MRAP soutient Nouredine Rachedi, victime de violences racistes

Il est impératif que toute violence à l’encontre d’une personne en raison de son origine ou de sa religion ne reste pas impunie.
Pour cela, le MRAP de Saint-Quentin-en-Yvelines et environs, qui conformément à ses statuts lutte contre les violences racistes, soutient Nouredine Rachedi, passé à tabac à Guyancourt dans la nuit du 24 au 25 juillet 2008, parce qu’il était musulman.
Le MRAP s’étonne de la relaxe en première instance des auteurs de cette agression raciste, alors qu’ils avaient été formellement identifiés et se réclamaient ouvertement du nazisme.
Il demande que les agresseurs, qui seront jugés en appel à Versailles le 12 juin 2012, reçoivent une sanction à la hauteur de la gravité de leurs actes.

Pour le comité local du MRAP

Le bureau

Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples

MRAP SQY-E de Saint-Quentin en Yvelines et des Environs

4 allée Saint-Exupéry 78190 TRAPPES

Source : MRAP

Quatre ans après son agression, Nouredine Rachedi est bien décidé à obtenir justice. Son procès en appel est prévu mardi 12 juin dès 14 h à la cour d’appel de Versailles, en région parisienne.

Tabassé dans la nuit du 24 au 25 juillet 2008 à Guyancourt, dans les Yvelines, le trentenaire avait alors porté plainte contre ses deux agresseurs, des militants de l’extrême droite qui ont été ensuite inculpés pour « violence en réunion à raison de l’appartenance religieuse ».

A l’issue de leur procès qui s’est tenu le 31 janvier dernier, ils ont été finalement relaxés « au bénéfice du doute » le 14 février.

Le parquet avait décidé de faire appel de ce verdict bien trop clément. M. Rachedi espère, cette fois, que son statut de victime lui soit reconnu et que les peines de ses agresseurs soient exemplaires pour lancer un signal fort dans la lutte contre l’islamophobie en France.

Source : Saphirnews

Nous étions à peine deux semaines après mon agression islamophobe.

J’avais rendez-vous ce jour-là vers République, dans les bureaux du journal « Libération », afin qu’ils écrivent un article sur mon affaire. Il pleuvait des cordes ce jour-là.

Un jeune étudiant, touché par mon histoire dont il avait eu connaissance via le réseau des dérouilleurs, tenait absolument à me voir avant de s’envoler pour les Etats-Unis, où il devait entamer une année d’étude capitale. Il avait pris contact avec moi par mail, et il me disait que mon histoire l’avait touché et qu’il voulait m’offrir un cadeau. « C’est juste l’histoire de cinq minutes, donne-moi un endroit où je peux venir te voir, au moins que je t’adresse mon soutien ». Je lui ai donc donné rendez-vous à République, juste avant mon rendez-vous avec les journalistes.

Je m’étais abrité sur une terrasse couverte d’un des restaurants de la place, afin de l’attendre au sec. Il m’a reconnu par la trace que je portais toujours à l’œil gauche et qui commençait déjà à partir.

« Je te remercie d’avoir accepté de me voir. J’ai été très touché par ce qui t’est arrivé. Moi et toute ma famille. On parlait de toi, de cette histoire complètement incroyable. Cet interrogatoire, ces questions… Est-ce que t’es musulman ? Depuis combien de temps t’es en France ? Et puis, la Yougoslavie… Trois jours après l’arrestation de Radovan Karadzic… Dis-moi d’abord, comment te sens-tu ?

–          Bah, je crois que ça aurait pu être bien pire. J’ai toujours mal quand je respire fort, j’ai mal au bas du dos quand je m’assoie, je me repose du mieux que je peux !

–          Ah, quand on a vu ta photo… Ah, ils t’ont pas loupé !

–          Tu sais quoi ? Y avait quelqu’un de l’autre côté du parc qui a du surprendre mes agresseurs. Pendant qu’ils me tabassaient, j’entends un de mes deux agresseurs dire à son copain « Aller c’est bon on se casse ! » Parce qu’il y avait quelqu’un qui a compris qu’il se passait quelque chose. »

Il m’a jeté un regard terrifié. Il avait très bien compris d’où je revenais.

« Courage mon frère ! Courage ! me répéta-t-il. Moi, je ne te connais pas, mais tout ce que je sais, c’est que Dieu, Il t’aime ! Oui, Dieu, Il t’aime ! Voilà, j’ai un petit cadeau de la part de toute ma famille, le voici ! »

J’ouvris le cadeau, tout ému. Il s’agissait d’une bougie parfumée dans un bocal de verre orné de motifs orientaux. J’étais très ému par le geste.

« Quand tu vivras des moments où tu te sentiras seul, tu pourras allumer cette bougie », me dit-il.

J’en avais les larmes aux yeux, et j’essayais tant bien que mal de me contenir. C’est alors que je lui tendis la main pour le remercier chaleureusement.

« Ce n’est pas fini, me dit-il

–           ??

–          J’ai un autre cadeau pour toi

–          Vraiment ? lui répondis-je étonné

–          Oui. C’est de la part de mon père. Il m’a demandé de te serrer très fort dans mes bras. De sa part »

Nous nous sommes serrés très fort ce jour-là. Moi, je pleurais, et je le remerciais infiniment. Lui, son père, et toute sa famille. Ce jour-là, il pleuvait des cordes.

Je suis rentré tard chez moi ce soit-là. J’ai pris le train de banlieue qui me déposait à la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines vers 00h45.

Dans le train, j’aime bien être en possession de lecture. Ainsi, j’ai toujours un livre qui traîne dans mon sac à dos. Ce soir-là, c’était Aimé Césaire qui m’accompagnait. Un petit opus que je ne me lassais pas de lire : le fameux discours sur le colonialisme. Déjà, dans ce train de banlieue, il était question de civilisation.

« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.

Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde »

C’est par ces trois phrases que l’œuvre de Césaire débute. Ces trois phrases m’ont plongé durant tout le trajet dans un pamphlet contre le colonialisme. Certes, le colonialisme est une époque qui fait partie du passé. Certes, le statut de l’indigène n’existe plus administrativement. Mais je ne sais pas pourquoi, les mots de Césaire continuent toujours de vibrer très forts à l’intérieur de moi.

Ce soir-là, donc, je poursuis ma lecture. J’apprécie chaque passage. Et il y a plus particulièrement un passage que j’aime beaucoup, au point de m’y arrêter. De le lire plusieurs fois chaque fois que j’arrive à ce passage. Et déjà, il était question d’Hitler :

« Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets. On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des  barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies, de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du xxe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste. »

Lorsque deux nazis m’ont abordé quelques minutes plus tard dans ce fameux parc, le livre de Césaire était rangé dans mon sac à dos.

« Est-ce que tu es musulman ?

–          Oui

–          Depuis combien de temps tu vis en France ?

–          Depuis toujours… J’y suis né…. J’y ai grandi…

–          Qu’est-ce que tu penses de la Yougoslavie ?

–          Pourquoi est-ce que vous me posez toutes ces questions-là ?

–          Parce qu’on est des nazis ! »

A cet instant-là, j’ai compris que l’affaire était très très mal engagée pour moi. Mon sang s’est glacé. Je me suis dit : « c’est pas possible ? Ils m’ont suivi dans le train ou quoi ? Ils le savaient que je lisais Césaire il y a quelques minutes ? »

Je me suis dit que je vais tenter les techniques de communication non-violente pour désamorcer la crise dans laquelle j’étais plongée malgré moi. Mes agresseurs ne m’ont pas donné le temps d’appliquer ces techniques. Il est des moments où les techniques au niveau des mots ne servent strictement à rien. Ou alors, c’est que je n’ai pas su comment les appliquer. Dans ce genre de circonstances, ce sont d’autres techniques qu’il convient de maîtriser.

Toujours est-il que ce soir-là, pendant que je me faisais rouer de coups corps à terre, j’avais mon sac à dos que je portais justement sur mon dos. Mon sac à dos a servi a quelque chose d’insoupçonné ce soir-là : il m’a permis d’amortir un peu la violence des coups de pieds que j’encaissais, ce qui m’a épargné une grande partie du dos. Et dans mon sac à dos, le livre d’Aimé Césaire et son discours sur le colonialisme. Ce petit opus d’une trentaine de pages a encaissé quelques coups à ma place. Oui, ce soir-là, Aimé Césaire m’accompagnait. C’est le Seigneur qui me l’a mis sur mon chemin… Grâce au discours sur le colonialisme porté sur mon dos, j’ai pu me relever.

Que le Seigneur soit loué !